Thérapie de groupe : 7 bénéfices que seul le groupe peut vraiment apporter
Quand on pense à la thérapie, on imagine souvent deux fauteuils : une personne face à un psychologue, dans un cabinet, pour parler de ce qu’elle vit.
La thérapie de groupe ajoute quelque chose à cette équation : les autres.
Et leur présence n’est pas simplement une façon de faire une thérapie individuelle à plusieurs. Le groupe crée ses propres mécanismes thérapeutiques : se reconnaître dans l’expérience des autres, apprendre en les observant, recevoir plusieurs points de vue, expérimenter d’autres façons d’entrer en relation ou encore éprouver le sentiment d’appartenir à un groupe.
Ces phénomènes sont étudiés depuis des décennies en psychothérapie de groupe. La littérature scientifique parle notamment d’universalité, d’apprentissage interpersonnel, d’altruisme, d’apprentissage vicariant et de cohésion du groupe.
Alors, qu’est-ce que le groupe peut apporter de si particulier ?
1. Découvrir que « mon problème » n’est peut-être pas uniquement le mien
Il y a une différence entre entendre un psychologue nous dire que ce que nous ressentons est fréquent… et écouter quelqu’un assis à côté de nous mettre des mots sur une expérience que l’on pensait être seul à vivre.
En thérapie de groupe, ce phénomène porte un nom : l’universalité.
Découvrir que d’autres personnes peuvent connaître les mêmes peurs, hésitations, pensées ou difficultés permet de remettre sa propre expérience en perspective.
Le problème ne disparaît pas pour autant. Mais quelque chose peut changer dans la façon dont on le regarde : « je suis le seul à être comme ça » peut devenir « d’autres vivent quelque chose de similaire ».
L’universalité fait partie des facteurs thérapeutiques classiques décrits dans la littérature sur la psychothérapie de groupe et figure parmi les facteurs particulièrement valorisés par les participants dans certaines études.
C’est ce que la littérature sur la thérapie de groupe décrit notamment à travers l’apprentissage vicariant ou le comportement imitatif : nous pouvons apprendre en observant ce que font les autres, comment ils interprètent une situation et comment ils expérimentent de nouvelles manières d’agir.
Et ce n’est pas seulement un mécanisme intéressant en théorie : les données sur l’efficacité de la thérapie de groupe montrent que, pour de nombreuses problématiques, le format collectif peut obtenir des résultats comparables à ceux de la thérapie individuelle.
Tu n’apprends donc pas uniquement de ce que l’on te dit. Tu apprends aussi de ce que tu vois se produire devant toi.
3. Voir comment les autres nous perçoivent
Nous connaissons tous assez bien l’image que nous avons de nous-mêmes.
Mais correspond-elle à celle que nous renvoyons aux autres ?
C’est là qu’apparaît l’un des mécanismes les plus intéressants de la thérapie de groupe : l’apprentissage interpersonnel.
Dans un groupe suffisamment sécurisant, nos façons habituelles d’entrer en relation finissent naturellement par apparaître.
Prendre beaucoup de place. Ne jamais oser interrompre. Chercher l’approbation. Éviter le désaccord. Se sentir responsable des autres. Avoir du mal à demander quelque chose. Interpréter certains silences comme du rejet…
Ce ne sont plus uniquement des situations que l’on raconte au thérapeute : certaines peuvent apparaître dans le groupe lui-même.
Le groupe offre alors la possibilité d’observer ce qui se passe, de recevoir du feedback et d’essayer d’autres façons d’interagir. Le développement des capacités de socialisation et l’apprentissage interpersonnel font partie des facteurs thérapeutiques traditionnellement associés à la psychothérapie de groupe.
4. Pouvoir essayer autrement, ici et maintenant
Comprendre quelque chose sur soi est une chose.
Pouvoir l’expérimenter en est une autre.
Imaginons quelqu’un qui réalise qu’il a énormément de mal à dire non.
En thérapie individuelle, il peut comprendre d’où vient cette difficulté, identifier les situations dans lesquelles elle apparaît et travailler différentes façons d’y répondre.
Dans un groupe, une possibilité supplémentaire apparaît : essayer.
Exprimer un désaccord. Poser une limite. Dire que quelque chose dérange. Demander de l’aide. Prendre la parole alors que l’on aurait normalement préféré rester silencieux.
Le groupe peut ainsi devenir une sorte de laboratoire relationnel : un espace accompagné dans lequel certaines nouvelles façons de communiquer peuvent être expérimentées avant d’être transférées à la vie quotidienne.
C’est précisément cette dimension relationnelle qui distingue une partie du travail thérapeutique en groupe.
5. Ne pas seulement recevoir : pouvoir aussi apporter quelque chose aux autres
Voici un aspect auquel on pense moins lorsqu’on imagine une thérapie.
En groupe, on peut être aidé, mais on peut aussi aider.
Une expérience que tu racontes peut permettre à quelqu’un de se sentir compris. Une réflexion peut donner une nouvelle perspective à une autre personne. Un encouragement peut compter. Et constater que notre présence ou notre expérience peut avoir de la valeur pour quelqu’un d’autre peut également transformer la manière dont nous nous percevons.
Ce mécanisme est traditionnellement appelé altruisme dans la littérature sur la psychothérapie de groupe.
Une revue consacrée aux facteurs thérapeutiques le décrit parmi les phénomènes propres au contexte groupal, aux côtés notamment de l’universalité, de l’apprentissage interpersonal et de la cohésion.
Autrement dit, en groupe, les participants ne sont pas seulement les destinataires de la thérapie : ils peuvent aussi devenir une ressource les uns pour les autres.
6. Ressentir que l’on appartient à quelque chose
Au fil des rencontres, un groupe peut progressivement cesser d’être simplement « plusieurs personnes dans une même pièce ».
Les participants commencent à se connaître. Certaines références deviennent communes. On comprend mieux les réactions des autres. On remarque une absence. On suit les progrès des autres comme ils suivent les nôtres.
C’est ce que l’on appelle notamment la cohésion du groupe.
Et ce n’est pas seulement une impression agréable.
Une méta-analyse publiée en 2018 a examiné 55 études sur la relation entre cohésion et résultats en thérapie de groupe. Les chercheurs ont trouvé une association statistiquement significative entre la cohésion du groupe et les résultats thérapeutiques, tout en soulignant que l’importance de cette relation varie notamment selon le type de groupe, l’approche thérapeutique et l’importance donnée aux interactions entre participants.
La relation thérapeutique ne se construit donc plus uniquement entre une personne et son thérapeute.
Il existe aussi une relation avec le groupe.
7. Et oui : créer de nouveaux liens
C’est peut-être l’aspect le plus évident. Et pourtant, il est parfois presque absent des conversations sur la thérapie.
Dans quelle autre forme de thérapie peux-tu travailler sur toi et, en même temps, créer de nouveaux liens avec d’autres personnes ?
Cela ne signifie évidemment pas que chaque groupe se transformera en groupe d’amis.
Ce n’est ni l’objectif ni une promesse.
Mais la thérapie de groupe crée quelque chose de très particulier : pendant plusieurs semaines, les mêmes personnes se retrouvent, parlent, écoutent, travaillent ensemble, se découvrent et partagent une expérience commune.
Et dans une époque où la solitude et le manque de liens sociaux constituent eux-mêmes des enjeux importants de bien-être, cette dimension mérite au minimum d’être prise en compte.
Le lien n’est plus seulement ce dont on parle en thérapie. Il peut aussi faire partie de ce que l’on y expérimente.
Et prendre soin de sa santé mentale ne devrait pas forcément commencer lorsque tout va mal. Pourtant, beaucoup de Français attendent encore avant de consulter un psychologue pour des raisons qui vont du coût à la stigmatisation, en passant par le manque d’information.
Alors, la thérapie de groupe est-elle meilleure que la thérapie individuelle ?
Ce n’est probablement pas la bonne question.
La thérapie individuelle possède ses propres avantages : un espace entièrement consacré à une personne, davantage d’intimité et la possibilité d’adapter très précisément le travail à ses besoins.
La thérapie de groupe, elle, ajoute une dimension que le tête-à-tête ne peut pas reproduire de la même façon : plusieurs relations réelles se déroulent en même temps que le travail thérapeutique.
C’est ce qui permet l’universalité, l’apprentissage par observation, l’entraide, le feedback interpersonnel, l’expérimentation relationnelle et la cohésion.
La recherche sur les facteurs thérapeutiques en groupe remonte à plusieurs décennies. Une importante revue scientifique publiée dès 1981 examinait déjà des mécanismes tels que l’interaction, la cohésion, l’altruisme et l’apprentissage vicariant. Ces mécanismes continuent aujourd’hui d’occuper une place centrale dans la compréhension de la psychothérapie de groupe.
Chez Thérapie au Café, nous avons voulu exploiter précisément cette dimension.
Notre programme « Entraîner mon bien-être mental » se déroule pendant 8 semaines, à raison d’une rencontre de 2 heures par semaine, avec un groupe réduit et stable accompagné par un psychologue.
L’objectif n’est pas de passer huit semaines assis en cercle à raconter ses secrets.
On vient pour faire le point, mieux comprendre certaines de ses réactions, expérimenter des outils concrets, travailler la dimension émotionnelle, cognitive, relationnelle et motivationnelle… mais aussi apprendre des autres et avec les autres.
Parce que parfois, prendre soin de soi peut aussi commencer par rencontrer les autres. Ça te donne envie d’avoir plus d’info?
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